Femme de Toi (point de vue de la personne malade)

By clopie

ingres_source(Ingres, La Source, 1856)

Sans faire de bruit sans crier au secours sans rien ni personne

Sans moi qui s’égare, qui marche à genoux, qui prie à tue-tête

Ma voix comme un robot qui s’élève vers des cieux étranges

J’y crois, j’y crois, j’entends dans mon coeur le souffle des anges.


Je me lève ce matin et me sens comme un homme

Je me vois dans la glace et encore, masculine, virile

Pénis halluciné…invisible entre mes jambes serviles

J’ai la désagréable impression d’avoir, dans la gorge, une pomme.


Je change de miroir peut-être celui de la salle de bain

Est un reflet fidèle de mes délires mensongers

Dans la cuisine je me vois de la tête aux pieds

Je fixe mes orteils d’un air incertain.


Là je me sens comme une extra-terrestre

Comme une genre de créature inexplicable

Un objet vivant non-identifiable

Reste que c’est très cute des petits orteils sylvestres.


Je sais que dans mes forêts qui s’étendent jusqu’à la Voie Lactée

Il y a plein de gens, plein de pieds, d’orteils et de sentiers pédestres

J’imagine avancer sur celui menant à mon amour équestre

Je clopine entre les racines et je tombe sur les étoiles du plancher.


Mon grand désir pur d’aimer un seul homme se transforme parfois

En un gigantesque feu dans mon corps intergalactique

Je suis alors très pressée d’assouvir par des caresses cosmiques

Ce qui pourrait devenir le berceau de ma foi.


Mon identité si friable et le sable de mon âme sur sa plage déserte

Écoutent passer les oiseaux invincibles et accueillent les marées

Je voudrais rester assise là, en paix, sur mon indicible rocher

Qui fait de moi une femme éternellement pour toi offerte.


Femme don, femme foi, femme sexe, femme pure, Amour

Femme de toi, femme pour toi, femme délire

Je ne sais même pas si tu voudrais me lire

Je ne sais pas, mais je compte les jours.


Dans ma tête de cerf-volant qui explore le vent dans les cieux

Je nous vois marcher, tout près de la mer

La folie qui tient mes ficelles, me faire ses adieux

Et ensemble poursuivre un rêve qui fleurit de la Terre.


Devant l’immense fenêtre de notre avenir commun

Je rêvasse que c’est toi l’homme dont je ne peux pour l’instant

Voir le visage, mais je perçois la forme de ton être élégant

Et dans la fumée de la pipe à tes lèvres se dessine le mal en défunt.


Je nous ai vu sur le dos de trois éléphants

J’ai rêvé éveillée, j’ai puisé dans le fond d’un puits oublié

Ce qui attend là d’être bu, la source de mon Amour purifié

Romantique, réel, vivant, pour ton regard qui me plonge dedans.


Je te vois en chaque homme et en chaque parcelle de Dieu

Qui laisse traîner des indices de mon éternel aveu

J’ai l’intuition en fleur, c’est comme un printemps sans douleur

C’est comme l’accomplissement de mes histoires de coeur.


Et la fin, je la crée de toutes pièces, toute inventée

Toi, debout, chevaleresque comme le Roi de l’Été

Tu me donnes enfin ce que j’ai cherché si longtemps

L’accès aux grandes portes de l’Amour et du Firmament.

Finalement!

Claudexxx

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