Sans faire de bruit sans crier au secours sans rien ni personne
Sans moi qui s’égare, qui marche à genoux, qui prie à tue-tête
Ma voix comme un robot qui s’élève vers des cieux étranges
J’y crois, j’y crois, j’entends dans mon coeur le souffle des anges.
Je me lève ce matin et me sens comme un homme
Je me vois dans la glace et encore, masculine, virile
Pénis halluciné…invisible entre mes jambes serviles
J’ai la désagréable impression d’avoir, dans la gorge, une pomme.
Je change de miroir peut-être celui de la salle de bain
Est un reflet fidèle de mes délires mensongers
Dans la cuisine je me vois de la tête aux pieds
Je fixe mes orteils d’un air incertain.
Là je me sens comme une extra-terrestre
Comme une genre de créature inexplicable
Un objet vivant non-identifiable
Reste que c’est très cute des petits orteils sylvestres.
Je sais que dans mes forêts qui s’étendent jusqu’à la Voie Lactée
Il y a plein de gens, plein de pieds, d’orteils et de sentiers pédestres
J’imagine avancer sur celui menant à mon amour équestre
Je clopine entre les racines et je tombe sur les étoiles du plancher.
Mon grand désir pur d’aimer un seul homme se transforme parfois
En un gigantesque feu dans mon corps intergalactique
Je suis alors très pressée d’assouvir par des caresses cosmiques
Ce qui pourrait devenir le berceau de ma foi.
Mon identité si friable et le sable de mon âme sur sa plage déserte
Écoutent passer les oiseaux invincibles et accueillent les marées
Je voudrais rester assise là, en paix, sur mon indicible rocher
Qui fait de moi une femme éternellement pour toi offerte.
Femme don, femme foi, femme sexe, femme pure, Amour
Femme de toi, femme pour toi, femme délire
Je ne sais même pas si tu voudrais me lire
Je ne sais pas, mais je compte les jours.
Dans ma tête de cerf-volant qui explore le vent dans les cieux
Je nous vois marcher, tout près de la mer
La folie qui tient mes ficelles, me faire ses adieux
Et ensemble poursuivre un rêve qui fleurit de la Terre.
Devant l’immense fenêtre de notre avenir commun
Je rêvasse que c’est toi l’homme dont je ne peux pour l’instant
Voir le visage, mais je perçois la forme de ton être élégant
Et dans la fumée de la pipe à tes lèvres se dessine le mal en défunt.
Je nous ai vu sur le dos de trois éléphants
J’ai rêvé éveillée, j’ai puisé dans le fond d’un puits oublié
Ce qui attend là d’être bu, la source de mon Amour purifié
Romantique, réel, vivant, pour ton regard qui me plonge dedans.
Je te vois en chaque homme et en chaque parcelle de Dieu
Qui laisse traîner des indices de mon éternel aveu
J’ai l’intuition en fleur, c’est comme un printemps sans douleur
C’est comme l’accomplissement de mes histoires de coeur.
Et la fin, je la crée de toutes pièces, toute inventée
Toi, debout, chevaleresque comme le Roi de l’Été
Tu me donnes enfin ce que j’ai cherché si longtemps
L’accès aux grandes portes de l’Amour et du Firmament.
Finalement!
Claudexxx
Mots-clefs : amour, chemin, coeur, délires, hallucinations, homme, reve
